Étude PRECURSOR : Prévention de l’endométriose et des douleurs pelviennes chroniques chez les adolescentes présentant une dysménorrhée primaire sévère

PRECURSOR est la première étude nationale visant à prévenir l’endométriose et les douleurs pelviennes chroniques en intervenant dès l’adolescence. 

En combinant dépistage précoce, imagerie standardisée, prise en charge multidisciplinaire, suivi numérique et cadre comparatif robuste, cette étude pourrait redéfinir la gynécologie de l’adolescente et établir la prévention comme un pilier central de la prise en charge des douleurs menstruelles et des troubles pelviens chroniques.

La dysménorrhée primaire sévère, correspondant à des règles très douloureuses dès l’adolescence, concerne environ 15 à 20 % des jeunes filles. Ces douleurs intenses, souvent résistantes aux traitements classiques, sont aujourd’hui considérées comme un signal d’alarme majeur. Elles peuvent, en l’absence de prise en charge précoce, augmenter significativement le risque de développer des douleurs pelviennes chroniques et, à terme, une endométriose à l’âge adulte ou une maladie gynécologique. 

Malgré ces constats, il n’existe actuellement en France aucune stratégie structurée de dépistage ou de prévention ciblant spécifiquement les adolescentes atteintes de dysménorrhée primaire sévère. Le projet PRECURSOR a été conçu pour répondre à ce besoin. Il s’agit d’une étude prospective et interventionnelle nationale, avec un suivi de cinq ans, visant à évaluer si l’identification précoce et une prise en charge multidisciplinaire peuvent prévenir la survenue de douleurs pelviennes chroniques et/ou d’endométriose.

Le recrutement de volontaires

Cette étude se fonde sur la participation de centaines d’adolescentes volontaires, à échelle nationale, intégrées via un réseau de pharmacies, d’établissements éducatifs et des filières de soins endométriose. Avant l’inclusion à l’étude, toutes bénéficient d’une IRM pelvienne afin de vérifier l’absence d’endométriose ou de pathologie significative. Les cas positifs sont exclus de l’étude et orientés vers une prise en charge spécialisée. 

 

L’étude

Les adolescentes sans signe d’endométriose bénéficieront d’une prise en charge multimodale (incluant hormonothérapie, physiothérapie pelvienne, neurostimulation transcutanée (TENS) et suivi psychologique). 

Les adolescentes ne souhaitant pas recevoir de traitement hormonal peuvent néanmoins bénéficier de l’ensemble des autres composantes de l’intervention multimodale et constituent un autre bras de l’intervention. 

Une IRM de contrôle est réalisée à mi-parcours et à la fin de l’étude.

Toutes les participantes intègrent ensuite un programme de suivi de cinq ans. Tous les uns à six mois, elles sont évaluées pour la survenue de douleurs pelviennes chroniques, de comorbidités et pour leur qualité de vie. Les résultats seront comparés à ceux d’un groupe témoin, composé de femmes ayant présenté des règles très douloureuses à l’adolescence sans avoir bénéficié d’une intervention précoce. 

 

L’objectif est d’évaluer l’impact réel de cette stratégie préventive sur le risque de douleurs pelviennes chroniques, d’endométriose et sur la qualité de vie. Si ses résultats sont concluants, PRECURSOR pourrait profondément transformer la prise en charge des règles douloureuses en instaurant une véritable prévention active dès l’adolescence, répondant ainsi à un enjeu majeur et encore insuffisamment pris en compte de la santé des femmes.

Nadjib Mohamed MOKRAOUI

Médecin épidémiologiste, doctorant au Centre de recherche en Épidémiologie et Santé des Populations (CESP), équipe Épidémiologie Gynécologique (EpiGyn), Inserm. 

Travaux de recherche portant sur l’endométriose, Inserm & Université Paris-Saclay

Eric BAUTRANT

Chirurgien gynécologue et mammaire et spécialisé en douleurs chroniques et dysfonctions pelvi-périnéales au centre L’Avancée (Aix en Provence)

Structures associées

Mécènes de l'étude