Changement de paradigme dans l’accompagnement des troubles dyslexiques dans l’enseignement supérieur grâce à l’IA

En France, près de 10 % de la population est touché par un trouble DYS, dont 80 % par la dyslexie. De nombreux jeunes adultes concernés arrivent à l’université sans diagnostic établi ni accompagnement adapté. 

La Fondation de l’Université Paris-Saclay porte un projet pluridisciplinaire qui vise à améliorer la compréhension des différents profils de dyslexie et faciliter leur détection et leur accompagnement à travers des outils automatisés accessibles en libre accès et en open-source, favorisant ainsi l’égalité des chances dans l’enseignement supérieur.

Les outils actuels de dépistage et d’accompagnement sont majoritairement conçus pour des enfants, et restent peu adaptés aux exigences de l’enseignement supérieur. Les étudiantes et étudiants concernés sont donc confrontés à des exigences académiques élevées, sans outils ni aménagements spécifiques.

À l’Université Paris-Saclay, 20% des 1 300 étudiants en situation de handicap sont atteints d’un trouble dyslexique. En France, on compte en moyenne seulement 22 à 34 orthophonistes disponibles pour 1 000 enfants dyslexiques, avec de fortes disparités régionales. La pénurie d’orthophonistes et les délais d’attente prolongés rendent le diagnostic difficile et freinent l’accès à un accompagnement adapté.

La synergie IA–neurosciences ouvre aujourd’hui des perspectives inédites dans la prise en charge des troubles dyslexiques. Depuis 2020, des outils basés sur l’IA ont été développés pour un usage chez les enfants (le test de dépistage Malabi (ExcelloLab) ; Glaaster, aide au déchiffrage). Cependant, ces outils ne sont pas (encore) adaptés aux besoins spécifiques des étudiants, notamment dans les filières scientifiques.

 

Une équipe dédiée

Le projet est porté par la Fondation de l’Université Paris-Saclay et réunit un consortium interdisciplinaire combinant neurosciences, intelligence artificielle, sciences cognitives et pédagogie, garantissant une démarche participative. Ce maillage garantit la pertinence scientifique et sociale, et l'application concrète auprès des personnes concernées.

  • Pr. Stanislas Dehaene - Directeur de l’unité de neuroimagerie cognitive (Unicog) et cofondateur ExcelloLab
  • Cassandra Potier Watkins – Chercheuse postdoctorante au Collège de France, Post-Doc au sein d’Unicog et cofondatrice ExcelloLab
  • Francesca Bugiotti - Chercheuse et Maître de conférences au Laboratoire Interdisciplinaire des Sciences du Numérique (LISN)
  • Gérald Peyroche - Directeur de l’Institut Villebon – Georges Charpak

Les mécènes